Les derniers jours du maire

Publié le par WB

Jean-François Leroux compte maintenant les jours qui le séparent de la fin de son mandat. Le samedi 22 mars, le prochain maire devrait officiellement prendre ses fonctions.   
 BAR-leroux.JPG
Dans son bureau, les services techniques ont déposé des énormes caisses vides. « Je ne sais pas si je vais avoir la place de tout mettre dedans », sourit Jean-François Leroux. Arrivé à la mairie en 2001, il ne lui reste plus qu’une dizaine de jours avant de laisser son fauteuil. Devant, comme derrière lui, des piles de dossier cachent les murs et les plinthes de son bureau. Certains iront à la poubelle, d’autres seront remisés au grenier. Mais ce qu’il gardera comme un trophée, ce sont ses 21 cahiers à petits carreaux sur lesquels il consignait de son écriture fine chaque rendez-vous, chaque rencontre, chaque réunion. Des centaines de page racontant le travail très factuel d’un maire. La petite histoire de Bar-sur-Aube en somme qu’il a consigné pendant sept ans tous les jours, de 9 h à 21 h presque non stop. « C’était un aide mémoire pour être sûr de ne rien inventer, observe-t-il. A ma mort, je les donnerais sans doute à la médiathèque. » Outre le rangement, Jean-François Leroux passe ses derniers jours à signer les derniers documents de son mandat. « Toutes les décisions prises au cours des trois derniers conseils municipaux ont toutes été signées », dit-il.
Toujours à l’écoute
Des coups, il en a essuyé au cours de sa mandature. Pourtant, au moment de remettre les clefs de la ville, il s’amuse de sa popularité soudaine. « Tous les jours, entre la mairie et chez moi, je suis arrêté en moyenne trois fois par des gens qui me tiennent le même discours. Ils reconnaissent qu’il y avait un pilote dans l’avion. Et puis parfois des gens m’arrêtent et me disent que « finalement », je n’ai jamais baissé les bras », sourit-il. Ces derniers jours, son agenda s’est considérablement allégé, à l’image de ses audiences du samedi matin jadis bondées. « Toute la misère du monde se retrouvaient dans mon bureau. Il n’y a plus de curé ou de parents pour vous protéger en dernière analyse comme dans le temps. Alors les gens viennent me voir, c’est la dernière étape. Je n’ai bien souvent pas beaucoup de solutions à apporter, mais j’écoute. Le téléphone a beaucoup marché avec le CCAS le samedi matin… », raconte-t-il. Ce qui va lui manquer le plus dans quelques jours : l’immersion totale et constante, voire obsédante, dans sa ville. Bien entendu, il restera toujours à Bar, dans sa grande maison entouré de ses petits-enfants. L’hiver, il en passera sans doute une partie dans son pied-à-terre parisien, dans le quartier de l’horloge. Et puis le jeudi, il ira retrouver ses « anciens » camarades à l’académie de l’architecture à Paris. Dans quelques jours, il reprendra une vie normale avec d’autres projets concernant notamment Clairvaux. « Je suis Bachelardien ; je vis l’instant présent intensément », murmure-t-il.
Publicité

Publié dans Bar-sur-Aube

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article