Quand Lazare Ponticelli était en cantonnement à Bar

Publié le par WB

Le dernier poilu de la Grande Guerre était passé par Bar-sur-Aube au début de l’année 1915 alors qu’il faisait parti de la légion garibaldienne. Un épisode très remarqué en ville mais que l’Histoire a complètement oublié.
 
Le destin de Lazare Ponticelli, décédBAR-poilu.JPGé mercredi à l’âge de 110 ans, ne peut laisser indifférent. Tout particulièrement à Bar-sur-Aube où les anciens se rappellent qu’au début de la première guerre mondiale, la ville accueillit un cantonnement de combattants italiens : les Garibaldiens, surnommés « les chemises rouges ». Lazare Ponticelli entre au 4ème régiment de Marche du 1er étranger en 1914. Trichant sur son âge – il n’est alors qu’un adolescent – il s’en va en guerre pour défendre la France au même titre que 30 000 étrangers. C’est au camp militaire de Mailly qu’est constituée la légion garibaldienne du 5 novembre au 16 décembre 1914. Le départ au feu a lieu le lendemain sur le front d’Argonne. Au bout de trois combats meurtriers, la légion est décimée rapidement en janvier 1915. Faute de pouvoir se retirer à Dijon où le maire refuse de l’accueillir, la légion se retranche finalement sur Bar-sur-Aube où elle arrive le 8 février 1915. « Les Garibaldiens furent accueillis par de grandioses manifestations », relève Hubert Heyriès dans son livre « Les Garibaldiens de 14 » publié chez Serre Editeur. « Le plus jeune des Garibaldiens (Ponticelli, ndlr) qui arborait fièrement sa chemise rouge devint vite un héros local et la coqueluche des jeunes filles », croit même savoir le Baralbin Gilbert Delalandre.
Les derniers jours de la légion garibaldienne
Le cantonnement – quelques centaines d’hommes – se tient entre l’usine des Moteurs CERES, l’île de la Gravière et le Jard. « Ses blessés furent soignés dans les trois hôpitaux complémentaires du collège, de l’école Sainte-Thérèse et de la communale Arthur-Bureau », raconte Gilbert Delalandre. Deux d’entre eux ne furent pas rapatriés et furent enterrés dans le carré militaire de la ville : Faustino (ou Faustin, écrit Faustine sur sa plaque) Barsanti (décédé le 9 mars 1915) et Paolo Vacchini (décédé le 21 mars 1915). Le séjour à Bar-sur-Aube s’acheva le 5 mars 1915 où les Garibaldiens apprirent qu’ils avaient été licenciés, conformément à une dépêche ministérielle. L’histoire de la légion garibaldienne prenait fin après seulement huit mois d’existence, dont le dernier passé à Bar. Ces volontaires italiens eurent les hommages de la ville qui baptisa une place publique importante en leur honneur, l’actuelle place Jean-Jaurès. Quelques-uns sont restés vivre dans le Barsuraubois et en Haute-Marne où les patronymes italiens restent nombreux : Bastaroli, Cortinovis, Rota-Gamba, Beltramelli, Capelli, Milesi… Oubliés de l’histoire locale, les Garibaldiens mériteraient qu’on leur rende un nouvel hommage aujourd’hui.
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Publié dans Bar-sur-Aube

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