Ce n’est qu’un au-revoir Président
Après 50 ans passés dans la vie municipale dont 45 à la tête du SIVOM puis de la communauté de communes, Guy Deloisy tire sa révérence et prépare une retraite paisible.
C’était la soirée qu’il ne fallait pas manquer. Mercredi soir, le président Deloisy avait tenu à convier un large auditoire à son pot de départ. Dans l’assistance, parmi les dizaines d’invités, on pouvait reconnaitre les maires de la précédente mandature, voire de plus anciens qui, par amitié et fidélité envers leur président, avaient tenu à être présents. Une cérémonie d’au-revoir très émouvante qui a permis de tirer le bilan de cinquante ans – à quelques semaines près – de vie municipale. Entré conseiller municipal de Juvancourt (153 habitants à l’époque) à 28 ans, Guy Deloisy en devient le maire deux ans plus tard. En 1963, il participe à la création du SIVOM, l’un des premiers en France, dirigé par le conseiller général de l’époque Maurice Véchin. Deux mois plus tard, le président passe le flambeau au jeune Guy qui ne le transmettra que près de 45 ans plus tard. Un début « pas joyeux, sans moyen mais avec beaucoup de conviction ». Peu d’agents au départ, 63 aujourd’hui. « Au tout début, six communes du canton n’en faisaient pas parties, dont Bar-sur-Aube et Bayel », aime-t-il à rappeler. Pourtant, c’est grâce au SIVOM, devenu Communauté de Communes de la Région de Bar-sur-Aube (CCRB) en 1994, que furent réalisés de grands projets : la cité scolaire, ses gymnases, la piscine, le ramassage des ordures ménagères avec traitement, le parc d’activités du Halloy, la caserne de gendarmerie, la Maison de l’Enfance, la Maison de l’Emploi… Grâce à la CCRB et son président « acharné », le cinéma et la Cristallerie de Bayel auront même été sauvés.
Nécessaire coopération
Dans son discours, Guy Deloisy a multiplié les allusions à ses successeurs, appelant à la mobilisation, à la solidarité entre les communes. « Serions-nous démobilisés ? N’aurions-nous plus confiance en nous ? », interroge-t-il lorsqu’il évoque les difficultés qu’il a rencontrées récemment pour sauver la cristallerie de Bayel. Plus que jamais, le président a tenu à souligner « la nécessité de coopérer intellectuellement et économiquement. La coopération d’abord et l’intercommunalité sont le moyen de garder une illusion d’indépendance. Aujourd’hui, il faut sortir de notre microcosme, développer un vrai bassin de vie par des actions structurantes ». « C’est un renard, un vrai ; j’ai vraiment des doutes sur qui sera capable de le remplacer », confiait un invité. Guy Deloisy présidera son dernier conseil de communauté le 18 avril. Le moment pour lui de passer le flambeau.