L’ACRO donne raison à l’ANDRA
Il y a un an la Commission Local d’Information (CLI) de Soulaines mandatait l’Acro pour effectuer des mesures objectives sur l’impact environnemental des centres de stockage de l’Aube. Les conclusions du rapport ont été rendues publiques lundi.
Ce moment devait être la révélation. Alors que pour beaucoup le scepticisme règne sur l’impact environnemental des centres de stockage de l’Aube gérés par l’Andra, la CLI de Soulaines se devait d’apporter des éléments fiables et le plus objectif
possible. « Parce qu’il n’y a à ce jour que deux types de résultats, ceux produits par l’Andra et ceux des anti nucléaires, nous voulons nous inscrire dans une démarche totalement neutre », expliquait il y a un an le vice-président de la CLI, Philippe Dallemagne. Pour ce faire, l’Acro (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest) avait été mandatée pour évaluer les niveaux de radioactivité dans les environs des centres. Après un an d’investigation, l’association a réussi son premier pari : entrouvrir la porte. « L’exploitant n’est plus l’unique interlocuteur sur le plan technique », explique Gilbert Pigrée qui a mené l’étude. Quatre points ont été scrutés : les émissions atmosphériques, les rejets liquides, la percolation (l’impact sur les eaux souterraines) et les irradiations auxquelles pourraient être exposées les personnes. Sur tous ces points, l’Acro est formelle : il n’y a pour l’heure aucune conséquence. Même l’étude menée sur les arbres - étude « vicieuse » puisque les cernes isolés sont ceux allant du printemps 2003 au printemps 2004 - n’ont pas montré de contamination artificielle tant sur l’écorce que dans la sciure. En résumé : rien à signaler, les rejets ne présentent aucune conséquence sur la forêt.
« Je suis désolé »
Même chose au niveau du vignoble de Saulcy et Colombé-la-Fosse qui ont été étudiés. Les seules traces de césium 137 que l’on trouve à un taux important sur Saulcy seraient une conséquence ancienne du nuage de Tchernobyl sur des coteaux peut-être plus exposés que d’autres. « J’ai l’impression que les conclusions sont bien lénifiantes, remarque Jacques Leray, maire de Beurville. J’ai l’impression que cette étude allait être différente de ce que fait l’Andra, qu’on allait élaborer notre propre contrôle pour déceler les failles. Je reste un peu sur ma faim. » Pour l’Acro, l’aveu s’impose. « Nous sommes sur des choses qui sont extrêmement faibles, je suis désolé, s’excuse presque Gilbert Pigrée. C’est vrai que nous attendions des résultats, mais nous avons voulu partir sur aucun préjugé. N’oublions pas que le centre est jeune, il n’a que 15 ans d’histoire et il est là pour des siècles. Il faut y revenir, c’est une garantie pour les populations. » Du côté de l’Andra, on se réjouit de ces conclusions. « Il n’y a aucun de ces résultats qui me surprenne, assure Francis Chastagner, le directeur industriel. Quand l’exploitant le dit, ça n’a pas la même force que lorsqu’il s’agit d’une association. » Néanmoins, la CLI souhaite rester vigilante sur le sujet. S’il faudrait un suivi annuel plus une grande évaluation tous les dix ans, tout est question de budget. Et sur ce point, le questionnement est grand.
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