Il n’y a pas d’âge pour se présenter
Jeunes ou moins jeunes, ils sont de plus en plus nombreux à se présenter au poste de maire même si les responsabilités sont toujours plus importantes. Portraits croisés dans le canton de Bar-sur-Aube.
Ils se trouvent tous autour de la table. Pour certains, c’est leur première campagne électorale. Ce soir-là, ils se sont réunis pour un moment solennel : la rédaction finale de la profession de foi qui sera distribuée dans toutes les boîtes aux lettres de la commune. Pour les aider dans leur tâche, ils ont demandé à un Jacques Séguéla d’un soir de les conseiller dans leur rédaction. « C’est une campagne, il faut que ce soit bien tourné. Il faut séduire les gens d’une manière ou d’une autre », dit-il. Malgré les responsabilités en hausse, nombreux sont ceux qui cette année veulent tenter leur chance. La preuve à Bar-sur-Aube, chef lieu de canton, avec trois listes. Sept candidats pour les Cantonales ! « Ce qui m’a motivé à me présenter, c’est la démocratie. Il faut que les électeurs aient le choix entre plusieurs listes et plusieurs idées, souligne Ludovic Le Roy, 32 ans, l’un des plus jeunes candidats aux municipales dans le canton. Jeune chef d’entreprise, Ludovic compte bien s’entourer efficacement pour mieux s’impliquer dans la vie de sa commune. Ailleurs, l’engagement est aussi source de valorisation, comme pour ce jeune de 22 ans, le benjamin de ces élections 2008. « Lorsque je lui ai proposé de figurer sur ma liste, il m’a regardé et m’a dit que c’était le plus beau cadeau que l’on pouvait lui faire à lui et sa famille », confie un des candidats de Bar-sur-Aube.
Le doyen
Face à cette jeunesse qui est prête à donner de sa vie et de son temps, les plus anciens rempilent, avec le souci de prendre dans leur équipe des plus jeunes afin de les intéresser aux affaires communales. Ainsi Jean Beaumont qui, à 78 ans, est aujourd’
hui le doyen des maires qui se représentent dans le canton. « Arrêter d’être maire, ça m’embêterait, explique le premier magistrat d’Ailleville. J’aime bien ça. Ce qui me plait, c’est le contact. Et puis on apprend toujours et j’adore ça. C’est très rare lorsque je loupe une réunion. » Elu conseiller en 1983, il a été élu maire en 1989 et n’a plus quitté son fauteuil depuis. Même à l’aube de ses 80 ans. « Dire que je suis vieux, c’est des conneries !, fulmine-t-il. On a l’âge de ses artères. J’ai la volonté de tenir le coup tant que je pourrais. » De son expérience, il tire aujourd’hui des enseignements : « On ne peut pas gérer une commune du jour au lendemain. On est tellement surveillé que rien qu’un pet de travers, comme on dit, ne passe pas. L’expérience est nécessaire, au moins d’un mandat avant comme conseiller pour avoir la prétention de passer maire. » Ses meilleurs moments, voir ses concitoyens heureux. Ses pires moments, la disparition des personnes ou être réveillé en pleine nuit pour de mauvaises nouvelles. C’est ça aussi le boulot du maire.
Encadré :
Cantonales : la liste est arrêtée
Les candidats aux élections cantonales avaient jusqu’à hier soir 18 h pour officiellement se déclarer auprès de la Préfecture de l’Aube. Finalement, ils seront sept à se présenter, un record pour l’ensemble du département de l’Aube. Sainte-Savine arrive en 2ème position avec six candidats. Les candidats officiels sont donc Francis Pointeaux (suppléante : Edwige Gauthier), Patrick Blond (FN), Patrick Gracia (suppléante : Danièle N’Guyen), Daniel Tomasini (suppléante : Christine Collinet-Voyard), Marie-Noëlle Rigollot (suppléant : Bernard Piot), Pierre Frison (suppléante : Céline Cuvier) et Michel Descharmes (suppléante : Françoise Sainton). Les emplacements d’affichage seront établis par un tirage au sort qui aura lieu vendredi matin à la sous-préfecture de Bar-sur-Aube.
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