Laurent Vachaud : un homme de l’ombre
Cela faisait deux mois qu’il n’avait pas vu « Les femmes de l’ombre », le film de Jean-Paul Salomé. Ou plutôt son film, son scénario mis en images par son ami Jean-Paul Salomé. Laurent Vachaud est ce que l’on appelle un homme de l’ombre, celui dont le nom s’inscrit en début et fin de film. La première collaboration avec les deux hommes remonte à « Arsène Lupin » il y a quelques années. C’est d’ailleurs lors de la post-production en Angleterre que le réalisateur tombe par hasard sur une nécrologie en anglais d’une espionne française du SOE, Special Operations Executive, qui s’est particulièrement illustrée pendant la Seconde Guerre Mondiale sur ordre direct du Premier ministre d’alors, Winston Churchill. Salomé contacte Laurent Vachaud afin de creuser le sujet dans l’optique d’en faire un film sur « ces femmes oubliées et qui ont rejoint après la guerre une existence simple ». Avec l’aide d’un historien, ils se penchent sur le sujet et découvrent qu’aucun écrit français n’existe sur le sujet. « Nous n’avons trouvé que des livres en anglais, explique Laurent Vachaud. Comme elles venaient sur ordre de Churchill, cet aspect a sans doute été occulté au profit de la Résistance. Mais nous n’avons pas eu la prétention ni l’ambition de faire un film historique. C’est une fiction basée sur des faits réels mais qui change du cliché cinématographique que l’on a sur la Résistance. »
1er roman
L’écriture a pris entre neuf et dix mois. Le choix des actrices s’est fait après. « Lorsque l’on fait un film, il ne faut pas penser à une actrice en particulier car c’est le meilleur moyen de ne pas l’avoir. Avec Jean-Paul, on imaginait plutôt celles dont on était sûr qu’elles n’auraient pas le rôle : Simone Signoret, Ginette Leclerc… ça nous laissait plus libre », raconte le coscénariste. Au final, Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain et Déborah François complètent le casting. « On n’a jamais vu Sophie Marceau dans ce genre de rôle. Elle a ce côté quasiment fanatique et obsessionnel », ajoute Laurent Vachaud. Le tournage s’est étiré entre mars et juin 2007 dans la région Ile-de-France. A la suite, l’éditeur Perrin a proposé à Vachaud de « novéliser » son scénario. « Dans ce cas-là, on fait le travail inverse d’un scénariste, explique-t-il. On rajoute des éléments et on n’épure pas. » C’est donc son premier roman qui lui a donné envie d’en écrire d’autres. Dans le même temps, Perrin a eu la bonne idée de publier un autre ouvrage racontant cette fois la véritable histoire de ces « Femmes de l’ombre », intitulé « Parachutées en terre ennemie » et écrit par une historienne allemande, Monika Siedentopf. Comme un début d’hommage à ces espionnes oubliées.