10 minutes pour convaincre

Publié le par WB

L’ANPE de Bar-sur-Aube vient de tester une nouvelle forme de recrutement sur le principe du « job dating » baptisée « 10 minutes pour convaincre ». Le premier secteur d’activité concerné était le bâtiment.


Il faut aller vite ; être performant et convaincant en très peu de temps. Juste avant l’heure H, Florent Houdet, le dynamique directeur de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) de Bar-sur-Aube, fait un rapide briefing auprès des chefs d’entreprises rassemblés. « C’est la première opération de job dating que nous organisons », dit-il. « Job dating », le mot est lancé. Le principe est de profiter d’un rendez-vous pris sur le pouce entre un entrepreneur et un demandeur d’emploi pour, en un temps très court, le convaincre qu’il serait bon de se revoir. Une initiative que l’on a l’habitude de voir lors de soirées entre célibataires dans le but de trouver l’âme sœur, mais qui prend cette fois une toute autre dimension. « Si le contact passe, proposez-lui de revenir un peu plus tard afin d’aller plus loin dans l’entretien et de faire plus ample connaissance », encourage Florent Houdet. A chaque entrepreneur, une chemise rouge est remise avec à l’intérieur une liste de questions sommaires – les mêmes, basiques, pour tous – ainsi que l’heure et l’objet des rendez-vous. Pour cette première du genre à l’ANPE de Bar-sur-Aube, une centaine de demandeurs d’emplois ont été contactés, formés dans les métiers du bâtiment ou non.

Un secteur en tension

On croise Alexandre, de Vendeuvre, qui n’a aucune formation dans le bâtiment mais qui souhaite ardemment en trouver une pour commencer à travailler. Il dispose sur sa table tous les papiers dont il va avoir besoin pour tenter de séduire celui qui pourrait bien devenir son prochain employeur. A la table d’à côté, Régis est maçon de métier. Il commente son CV et son expérience professionnelle à ce chef d’entreprise de Proverville. « Ce n’est pas d’un maçon dont j’ai besoin, mais d’un couvreur », lui dit-il. Qu’importe, l’entrepreneur joue le jeu. D’autant que Régis a justement une expérience dans la couverture. Un peu plus loin, cet autre interlocuteur dresse un rapide état des lieux de la profession aujourd’hui et se permet quelques conseils. « Comment vous voyez le fait d’avoir toujours un chef sur le dos ? », interroge-t-il. Le ton est chaleureux, simple, une discussion à bâtons rompus qui a le mérite d’aller tout de suite au fond des choses. Dix minutes pour convaincre ; pas une de plus, car la cloche sonne. Au terme de la journée, entre 50 et 60 entretiens se sont ainsi déroulés et des rendez-vous sont déjà pris avec des demandeurs d’emploi pour aller plus loin dans la démarche. La méthode a fait ses preuves, apportant une certaine satisfaction à tout le monde. A quand la prochaine.

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Publié dans Bar-sur-Aube

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