L’Estac qui rit, l’Estac qui pleure

Publié le par WB

A la rentrée 2005, deux jeunes joueurs à l’Entente Sportive Bar-Bayel entraient par la petite porte du club de foot troyen. Deux ans et demi plus tard, que sont-ils devenus ?


Du haut de leurs 13-14 ans, ils commençaient à rêver à leur future carrière de footballer professionnel. Ce n’était plus un rêve pour eux puisqu’ils avaient dégoté le sésame : un an de sport étude au centre de formation de l’Estac à Troyes. Deux ans et demi après, Alan Guichard et Mickaël Vigneron n’ont finalement pas eu le même destin. Le deuxième a arrêté alors que le premier est toujours dans la course. Pour Mickaël, la première année de préformation des 14 ans avait pourtant bien commencé, mais à la suivante la porte des 16 ans s’est fermée au profit de celle des 15 ans. Le fait de ne plus être domicilié au centre de formation mais dans un lycée, d’être mélangé avec d’autres camarades qui n’ont pas le même objectif, ont réussi à le démotiver. « La motivation est partie ; j’étais dégoûté », souffle-t-il. « Il n’a pas eu tous les moyens nécessaires pour y arriver », reconnait son ami Alan. « Là-bas, ils ne font pas de sentiment », renchérit José Donacimiento, leur entraîneur à l’ESBB. Une blessure sur cette déception de taille et voilà Mickaël qui part en vrille et ne peut revenir. « Faire tous ces efforts et ne pas y arriver, j’ai pas envie de le revivre », regrette l’arrière. Il a réintégré une « vie normale » au lycée de Bar-sur-Aube et se prépare à rejoindre les Compagnons du devoir.

Sortir ses tripes

A l’inverse, Alan Guichard poursuit l’expérience. Après deux années en préformation, il saura à la fin du mois s’il est conservé. Peut-être est-ce son statut – gardien de but – qui joue en sa faveur, ou bien sa grosse envie de réussir. De 8 heures d’entraînement par semaine pendant les deux premières années, il est passé à douze ; le reste étant consacré aux études générales. « L’Estac attache beaucoup d’importance aux études. On forme des footballers, mais des hommes avant tout. Un, deux ou trois seulement seront professionnels. Et s’il n’y a pas de suivi scolaire, ce sera plus dur dans la vie. La concurrence est très élevée cette année. On va à l’entraînement comme on va au charbon », explique Alan. Chaque année, la formation est remise en cause. Le contrat pro est l’aboutissement. « Dans le foot, il y a trois choses : l’entraînement, être fort dans sa tête et une partie de chance », avoue Mickaël qui n’en a pas eu tellement. « Après, il faut continuer, sortir les tripes, montrer ce que tu as, aller à l’entraînement pour tout défoncer et jouer le week-end », poursuit Alan. Il n’est pas prêt de lâcher le morceau. D’autant qu’un de ses camarades d’une autre région vient de se faire acheter par Chelsea pour 300 000€. « Tu te rends compte ? Il a mon âge ! », s’émerveille-t-il. Mais tout un prix. Depuis Alan et Mickaël, deux autres joueurs de l’ESBB ont intégré le centre de formation troyen : Mickaël Dang et Gaëtan Bonin. Et ces deux-là non plus, le club de Bar-sur-Aube ne va pas les lâcher.

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Publié dans Bar-sur-Aube

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