L’Estac qui rit, l’Estac qui pleure
A la rentrée 2005, deux jeunes joueurs à l’Entente Sportive Bar-Bayel entraient par la petite porte du club de foot troyen. Deux ans et demi plus tard, que sont-ils devenus ?
Sortir ses tripes
A l’inverse, Alan Guichard poursuit l’expérience. Après deux années en préformation, il saura à la fin du mois s’il est conservé. Peut-être est-ce son statut – gardien de but – qui joue en sa faveur, ou bien sa grosse envie de réussir. De 8 heures d’entraînement par semaine pendant les deux premières années, il est passé à douze ; le reste étant consacré aux études générales. « L’Estac attache beaucoup d’importance aux études. On forme des footballers, mais des hommes avant tout. Un, deux ou trois seulement seront professionnels. Et s’il n’y a pas de suivi scolaire, ce sera plus dur dans la vie. La concurrence est très élevée cette année. On va à l’entraînement comme on va au charbon », explique Alan. Chaque année, la formation est remise en cause. Le contrat pro est l’aboutissement. « Dans le foot, il y a trois choses : l’entraînement, être fort dans sa tête et une partie de chance », avoue Mickaël qui n’en a pas eu tellement. « Après, il faut continuer, sortir les tripes, montrer ce que tu as, aller à l’entraînement pour tout défoncer et jouer le week-end », poursuit Alan. Il n’est pas prêt de lâcher le morceau. D’autant qu’un de ses camarades d’une autre région vient de se faire acheter par Chelsea pour 300 000€. « Tu te rends compte ? Il a mon âge ! », s’émerveille-t-il. Mais tout un prix. Depuis Alan et Mickaël, deux autres joueurs de l’ESBB ont intégré le centre de formation troyen : Mickaël Dang et Gaëtan Bonin. Et ces deux-là non plus, le club de Bar-sur-Aube ne va pas les lâcher.