Qui veut des séniors dans son entreprise ?

Publié le par WB

Cette question à l’enjeu national dépasse largement le cadre local. Pourtant, invité à s’exprimer sur le sujet par l’ANPE la semaine dernière, l’ARACT a voulu faire passer le message : faites confiance aux séniors.


Paradoxalement, lors d’une récente étude menée par l’ARACT, l’Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail, 67% des entreprises de la région ne se sentent pas concernées par la question des âges. Autour de la table, quelques chefs d’entreprise ont plus de 50 ans. Ne leur en déplaise, ils font déjà partie de cette classe d’âge que l’on stigmatise aujourd’hui : les séniors. L’ANPE a eu la bonne idée la semaine dernière d’organiser une conférence sur le sujet grâce à un intervenant de l’ARACT. « En Champagne-Ardenne, nous sommes plus mauvais que dans le reste de la France sur l’emploi des séniors », explique Patrick Issartelle, chargé de mission. Et pourtant, la France est en queue de peloton des pays européens sur la question. Alors que la moyenne européenne montre que 50% des gens de plus de 50 ans travaillent, en France on arrive timidement à 32% ; un taux encore plus faible dans la région. Qui a dit que les séniors étaient moins productifs et moins motivés que les autres ? « D’après les statistiques, le travail est largement aussi important pour eux que le reste », tient à rectifier Patrick Issartelle. Tordant le cou à beaucoup d’idées reçues sur le sujet, le représentant de l’ARACT a convaincu son auditoire – malheureusement trop restreint – de l’opportunité d’employer des salariés de 50 ans et plus.

 

 

 

La gestion des âges

Certes rien n’est encore fixé au niveau national, les choses avançant lentement, des idées étant lancées puis freinées dans la foulée. Mais la réalité n’attend pas. Aujourd’hui, on observe par exemple que l’âge d’entrée dans la vie active recule. On remarque également un recul progressif de l’âge de sortie de la vie active (plus de 60 ans). Alors que les derniers bénéficiaires jouissent du système désormais révolu des préretraites, les autres doivent penser sérieusement au retour à l’emploi, mais aussi à l’aménagement de leurs conditions de travail. Les études montrent que le sénior est plus fidèle à l’entreprise, qu’il ne bouge pas. De plus, son taux d’absentéisme est trois fois moindre qu’un salarié lambda. Après, c’est une question d’envie. Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, le monde de l’entreprise est confronté à la problématique liée à la gestion des âges ou comment faire cohabiter jeunes et moins jeunes, expérience et inexpérience… Pour les responsables de l’emploi, être un senior « est un énorme avantage pour votre entreprise », insiste Patrick Issartelle. Dont acte.

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Publié dans Bar-sur-Aube

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